Immobilier Paris : Les moins de 40 ans prennent le pouvoir
- À Paris, les moins de 40 ans représentent 51,3 % des acquéreurs au troisième trimestre 2026, contre 44,4 % un an auparavant, selon Century 21.
- Les primo-accédants représentent 51,5 % des acheteurs d’appartements parisiens au troisième trimestre 2026, contre 48,3 % un an plus tôt, selon Century 21.
- À Paris, les ventes d’appartements progressent de 3,5 % et le prix au mètre carré baisse de 1,6 % sur un an, à 9 549 euros, d’après Century 21.
- En Île-de-France hors Paris, les primo-accédants représentent 51,6 % des acquéreurs, tandis que les ventes d’appartements reculent de 15,6 % au troisième trimestre 2026, selon Century 21.
- Pour un agent immobilier, le premier achat est devenu le cœur de la clientèle, à Paris comme en périphérie. Pour un particulier de moins de 40 ans, à 9 549 euros le mètre carré, le budget et le financement se calent avant les visites.
Selon la note de conjoncture Century 21 du troisième trimestre 2026 sur l’immobilier ancien, plus d’un acheteur parisien sur deux a désormais moins de 40 ans et les primo-accédants sont majoritaires parmi les acquéreurs d’appartements. Les ventes progressent de 3,5 % et les prix reculent de 1,6 %.
Les 30-40 ans portent le changement
L’évolution du profil des acquéreurs tient principalement à la part des acquéreurs âgés de 30 à 40 ans qui passe de 29,1 % à 35,7 % en un an, soit une hausse de 6,6 points. Celle des moins de 30 ans, elle, ne bouge presque pas, à 15,6 % : le changement de génération se joue donc surtout chez les trentenaires, qui ont pris, si l’on ose dire, les clés de la capitale.
En parallèle, la part des primo-accédants atteint 51,5 % des acheteurs d’appartements à Paris, contre 48,3 % un an plus tôt. Une progression de 3,2 points qui fait passer cette catégorie au-dessus de la moitié des acquisitions. Pour les professionnels, le message est limpide : le premier achat n’est plus un segment parmi d’autres, c’est devenu le cœur de la clientèle, et il demande un accompagnement soigné, de la définition du budget au choix du logement, en passant par la préparation du financement, alors que les taux se rapprochent des 4 %. Pour les particuliers qui s’apprêtent à franchir le pas, la nouvelle n’est pas mauvaise : ils sont désormais le profil majoritaire sur la ligne de départ, même si un taux à 4 % peut coûter jusqu’à 11 m² à budget égal.
« Le marché parisien change de visage. Les moins de 40 ans et les primo-accédants y prennent désormais une place centrale. C’est une bonne nouvelle : cela montre que l’accession à la propriété redevient possible pour une partie des ménages qui avaient été exclus du marché ces dernières années. Mais il faut rester lucide : à près de 9 550 euros le mètre carré, acheter à Paris reste extrêmement difficile », souligne Charles Marinakis, président de Century 21 France.
À 9 549 euros le mètre carré, les prix s’ajustent
Cette recomposition des acheteurs accompagne un regain d’activité : les ventes d’appartements parisiens progressent de 3,5 %. Le prix au mètre carré recule de 1,6 % sur un an, à 9 549 euros, tandis que le montant moyen d’une acquisition reste quasiment stable, à 458 796 euros.
Ces deux indicateurs ne répondent pas à la même question : le prix au mètre carré sert à comparer les logements entre eux, le montant moyen dit ce que pèsent, en pratique, les achats réalisés. Que le premier baisse quand le second ne bouge pas laisse penser que les acquéreurs ont acheté un peu plus grand, mais il s’agit d’une lecture de la rédaction, que le communiqué ne confirme pas.
Le marché parisien a ainsi retrouvé un peu d’activité, sans renouer avec la frénésie du passé : le délai de vente passe de 86 à 90 jours. Et si les ventes remontent, les prix cèdent davantage à Paris (−1,6 %) qu’au niveau national pour les appartements (−0,5 %), dans un troisième trimestre où les prix baissent et où les acheteurs hésitent.
Hors Paris, des primo-accédants majoritaires, mais un marché à la peine
En Île-de-France hors Paris, les jeunes acquéreurs et les primo-accédants occupent également une place importante. Les moins de 40 ans représentent 54,1 % des acheteurs, et les primo-accédants 51,6 %, d’après Century 21.
Le contraste avec la capitale est pourtant frappant : les ventes reculent de 5,3 % pour les maisons et de 15,6 % pour les appartements, et les prix au mètre carré baissent de 7,7 % pour les maisons et de 4,3 % pour les appartements. Les primo-accédants sont donc bien là, majoritaires même, mais les transactions se raréfient : un paradoxe à garder en tête avant de généraliser le cas parisien, d’autant que les ménages franciliens perdent près de 10 m² à mensualité égale.
Au niveau national, les maisons baissent plus fortement
À l’échelle nationale, la note de conjoncture Century 21 décrit un marché de l’ancien encore contrasté au troisième trimestre 2026. Les volumes de ventes diminuent de 3,6 % pour les maisons et de 4,7 % pour les appartements. Les prix au mètre carré reculent respectivement de 5 % et de 0,5 % : l’ajustement des prix est donc nettement plus marqué pour les maisons.
Les délais de vente s’allongent légèrement, à 102 jours pour les maisons et 99 jours pour les appartements. Paris se distingue sur les volumes, avec des ventes d’appartements en hausse là où le national recule, et sur la rapidité, avec 90 jours de délai contre 99 pour les appartements au niveau national, même si ce délai s’allonge là aussi.
Ce qu’il faut retenir
Si vous êtes particulier. Vous avez moins de 40 ans et vous visez Paris, vous êtes désormais l’acheteur type. Mais à 9 549 euros le mètre carré, mieux vaut caler budget et financement avant les visites, en vous renseignant sur le taux d’usure et les moyens d’éviter un refus de prêt, et comparer le prix au mètre carré avec le montant moyen des achats pour ne pas se tromper de référence.
Si vous êtes professionnel. Le primo-accédant trentenaire est devenu majoritaire, à Paris comme en Île-de-France hors Paris. L’enjeu est donc d’adapter votre accompagnement au premier achat, tout en gardant en tête que, hors de la capitale, cette demande ne se traduit pas en volume de ventes. Sur le fond du sujet, la tribune « Sortons de la guerre froide des stocks » éclaire les freins à l’accession abordable.