"Enjeu majeur, le logement sera au cœur des prochaines élections"
Le redémarrage de l’activité
Loïc Cantin, président de la FNAIM : " En France, 945.000 actes de ventes ont été signés à fin décembre 2025, ce qui signifie que l’année qui s’est écoulée a fait preuve d’un regain de dynamisme (+ 11% de transactions sur un an). Cette tendance devrait se poursuivre, selon nos prévisions en 2026. C’est un encouragement, le marché a repris des couleurs après plusieurs années de décélération et d’insuffisances."
"L’évolution des prix correspond à l’inflation. Le marché a retrouvé de la stabilité, tout comme un taux de rotation de logements à l’équilibre. Les Français ont retrouvé un peu de pouvoir d’achat. Ce sont des signes prometteurs d’une reprise, d’un léger redémarrage."
Les taux, leviers de l’activité
"La banque centrale européenne a permis, avec huit baisses successives sur son taux directeur de redonner du pouvoir d’achat et de stabiliser les taux d’intérêt aux particuliers. Pendant ce temps, la dette de l’Etat n’a cessé d’augmenter (OAT 10 ans). En dépit d’un niveau élevé, il n’y a pas eu de répercussion sur les taux consentis aux ménages."
"Les primo accédants sont revenus sur le marché (+ de 52 % de crédits accordés), en revanche, les classes moyennes et les plus populaires ont été exclues. Il y a une paupérisation de l’accession à la propriété en France qui oblige que les politiques publiques s’en saisissent. Il faudrait supprimer à titre temporaire les contraintes du HCSF (Haut comité à la stabilité financière) qui sont trop contraignantes pour l’octroi de crédit en France."
La politique du logement
La semaine dernière, lors d’un déplacement à Rosny-sous-bois, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre du logement, Vincent Jeanbrun ont annoncé une série de mesures à venir pour relancer le logement. Parmi les outils, un nouveau dispositif d’investissement locatif pour inciter les particuliers à investir dans l’immobilier. Loïc Cantin : "C’est une première pierre à l’édifice. Il faut saluer enfin le changement de discours. Il y a une prise de conscience que le logement, que ce soit le locatif social, le locatif privé, l’accession à la propriété, tous les secteurs souffrent d’un déséquilibre profond et ont besoin de mesures immédiates. Nous ne sommes pas totalement satisfaits de ce dispositif pour l’ancien mais il fallait au moins un signal. Il y a un plan d’ambition pour pouvoir construire plus et introduire la notion d’amortissement dans la trajectoire de l’investissement locatif. Même si c’est insuffisant, c’est un signal d’espoir adressé aux Français. Il fallait rompre avec le discours, "l’immobilier, c’est de la rente" surtout lorsque beaucoup de gens souffrent du mal logement ou rencontrent des difficultés à trouver un logement. Il fallait sauver le neuf qui est à l’agonie. Nous verrons pour l’ancien, comment amender et améliorer le texte."
Changer le regard sur le logement
"Nous avons besoin de confiance, de stabilité. Le logement sera au cœur des prochaines élections, les municipales de 2026 comme la présidentielle de 2027. Parmi les propositions entendues, nous sommes contre l’extension de l’encadrement des loyers dans toutes les villes. Le logement mérite mieux que de restaurer ce type de dispositif qui n’a toujours pas démontré son efficacité et pour lequel nous attendons un rapport d’étape qui doit être rendu cette année. Il faut un regard de politique d’ensemble. Quand l’offre n’augmente pas, il y a une tension. Quand on ne va pas dans le parc privé, on va dans le parc social, qui a aussi les mêmes difficultés et cela engendre de la précarité, de l’insatisfaction. Gouverner c’est d’abord loger son peuple. Cela doit faire partie de l’objectif principal, de la campagne présidentielle en 2027. Nous afficherons nos propositions avec la publication d’un livre blanc pour le logement. Il faut changer de paradigme et de regard sur le logement en France."